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| Atelier 2.4 ICIC et transformations de l’espace public | |
| Président : - Dominique Marchetti, CNRS, Centre de sociologie européenne, France Intervenants : Roger Delbarre, Université Paris 13, LabSIC, MSH Paris Nord, France « Les conséquences sur l’espace public du développement de la presse gratuite » >>> Télécharger le texte de la communication
Riadh Ferjani, Institut de Presse et des Sciences de
l’Information,
Université de Tunis-Manouba, Tunisie Samuel Lelièvre, Atelier Fiwe, Paris, Film-Art-Culture,
Laval, France Isabelle Pailliart, Hélène Romeyer, Université
Stendhal-Grenoble 3 - GRESEC, France Isabelle Veyrat-Masson, CNRS - Laboratoire Communication
et Politique, Institut des Sciences Politiques - Centre d’Histoire,
Paris, France |
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| « Les conséquences sur l’espace public du développement de la presse gratuite » Roger Delbarre « Economie politique de la communication et espace public : le cas tunisien » Riadh Ferjani L’objet de cette contribution porte sur les conditions d’adaptation de l’approche de l’économie politique de la communication dans un espace public pluriel, mais fortement dominé par l'État-parti. Depuis la fin des années quatre-vingt, l'évolution du champ médiatique et plus particulièrement de l’audiovisuel relève d'un paradoxe. En effet, tout en essayant de prendre en considération, dans des registres divers, les changements intervenus dans la sphère des usages et les enjeux économiques liés à la perte de son monopole sur la diffusion, l'État continue à gérer les médias audiovisuels comme étant l'une des institutions sociales qui lui permet d'assurer son hégémonie sur l'ensemble de la société. Notre analyse tiendra compte de la double filiation de la marchandisation : en même temps que son internationalisation, elle est aussi un mouvement d’industrialisation, c’est-à-dire un processus de rentabilisation des médias nationaux interconnectés à des acteurs transfrontières. Cependant au regard de la configuration actuelle de l’espace public, la rentabilité économique d’un secteur en perpétuel mouvement reste très aléatoire, en raison de l’existence de plusieurs logiques sociales concurrentes, mises en œuvre par des acteurs dont les possibilités d’influencer le champ restent inégales. Nous essayerons de cerner ces différentes logiques que nous regroupons pour les besoins de l’analyse autour de trois axes : 1. l’incertitude institutionnelle a trait aux politiques publiques
caractérisées par une déréglementation
sélective qui en dépit d’une surproduction normative
reste encore aujourd’hui en décalage avec la diversité
de la société tunisienne ; « Les ICIC en Afrique du Sud après l’apartheid : l’exemple de la National Film and Video Foundation » Samuel Lelièvre >>> Télécharger le texte de la communication
L’Afrique du Sud est le seul pays d’Afrique sub-saharienne
à avoir développé une industrie cinématographique
au sens que l’on donne à ce terme habituellement. Cependant,
cette industrie a été instrumentalisée par les
régimes politiques et la mise en place du système d’apartheid
au milieu du 20e siècle. Avec les bouleversements qui sont
intervenus dès la fin des années 80 et l’instauration
de la démocratie en 1994, cette puissante industrie cinématographique
et audiovisuelle sud-africaine – elle a été rejointe
par la télévision à la fin des années
70 – est entrée dans un phase de restructuration qui
est encore en cours. Cette restructuration a été mise
en place à travers la rédaction, par un comité
d’experts, d’un Livre Blanc qui a conduit à la
création en 1999 de la National Film and Video Foundation (NFVF)
par le gouvernement sud-africain – No. 73 of 1997 : National
Film and Video Foundation Act, du « journal officiel sud-africain
». Dès lors, l’objectif de cette institution est
de « créer un environnement qui développe et fait
la promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle
sur le plan national et sur le plan international ». En se focalisant
plus particulièrement sur le rôle de la formation et
sur les mutations récentes, cette communication se propose
de retracer le cadre historique, politique et social ayant conduit
à l’instauration de la NFVF, de rendre compte du scepticisme
des auteurs du Livre Blanc à l’origine du cadre global
de cette institution, ainsi que de rapporter l’action de la
NFVF et les critiques dont elle est l’objet. Ce faisant, il
s’agira de re-situer la NFVF au sein du contexte post-apartheid,
notamment à travers le rapport avec les télévisions
(SABC, M-Net, etc.), le rapport avec l’environnement socioculturel
immédiat ainsi qu’avec le monde extérieur. Cette
communication se base sur des recherches effectuées lors d’un
séjour post-doctoral de deux ans en Afrique du Sud et entre
dans le cadre de travaux effectuées par la suite en direction
des films et pratiques cinématographiques ou audiovisuelles
sud-africaines. « Les mutations de l’information publique : le cas de la santé » Isabelle Pailliart, Hélène Romeyer L’objectif de cette communication est d’analyser les transformations de l’information publique, sous l’impulsion en particulier des nouvelles techniques de communication. L’information publique repose sur une longue tradition de l’Etat dans la production et la mise à disposition auprès de « citoyens » de données issues de grandes enquêtes nationales, de résultats concernant les secteurs d’intervention de l’Etat ou encore de statistiques enrichissant les outils de pilotage et de gouvernement de la société (protection sociale, renouvellement des générations…). La diffusion, le plus souvent gratuite, de ce type d’informations reste une prérogative de l’Etat. Si l’information publique apparaît comme une ressource politique à laquelle les gouvernants ont recours pour légitimer une décision (le coût des retraites, le nombre des fonctionnaires, les chiffres de la délinquance), elle connaît également d’autres utilisations, dans le cadre de la prévention (les accidents de la route, les cancers et le tabagisme), en vue de faire évoluer les comportements. Elle s’inscrit donc bien dans trois domaines de l’action de l’Etat : les politiques publiques (et les formes de rationalités de l’action publique qu’offre l’information), la relation politique entre des responsables politiques et des citoyens, la mise en œuvre de conduites collectives (et la normalisation de celles-ci). Dans ce cadre, le secteur de la santé nous semble particulièrement intéressant à observer. Ainsi, traditionnellement, l’information de santé se caractérisait par son appartenance à la fois à cette information publique et à l’information scientifique. En tant qu’information publique, elle s’inscrit pleinement dans les modalités de fonctionnement des politiques publiques ; en tant qu’information scientifique, elle doit répondre aux critères précis d’évaluation et de diffusion de la communauté scientifique. Or, actuellement, cette information de santé connaît un mouvement complexe de publicisation qui interroge la signification du caractère public de l’information. En effet, plusieurs mutations sont à l’oeuvre. D’abord, l’information publique médicale est marquée par un mouvement de « privatisation ». Cette expression comprend l’intervention d’acteurs de la sphère économique et indique également un mouvement de privatisation par les individus eux-mêmes : l’utilisation, dans la sphère privée et pour des objectifs strictement individualisés de l’information médicale. Ce mouvement de privatisation s’accompagne enfin de formes de marchandisation de l’information publique. Celle-ci devient un enjeu commercial à plus d’un titre. Si les enjeux financiers de l’information médicale ne sont pas nouveaux, ils s’accentuent et revêtent des modalités nouvelles. Ensuite, les supports d’information médicale sont de plus en plus nombreux et sa production échappe désormais au seul secteur scientifique. Avec la multiplication des instances de production et de diffusion (laboratoires pharmaceutiques, assurances, associations de malades, centres de recherche, institutions publiques), le statut de cette information se diversifie (informations pratiques, conseils, promotion de tel ou tel médicament, comptes-rendus scientifiques,…). Enfin, ce secteur connaît lui aussi une remise en cause des paroles d’autorité, ou une extension dans la sphère médicale de comportements militants propres à la sphère politique : développement d’une information « alternative », expressions publicisées des individus, refus des statuts et de l’expertise légitimée uniquement par ceux-ci … Il s’agit ainsi, à travers l’étude du secteur
de la santé, d’interroger la pérennité
du caractère public de l’information. « Télévision, Espace public national et international, Histoire-mémoire » Isabelle Veyrat-Masson
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