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| Atelier 1.5 Les relations dialectiques entre les majors et les « indépendants » ou « alternatifs » |
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| Président : - David Vandiedonck, Universitéé Lille 3, Institut Erasme MSH Nord-Pas-de-Calais, France Intervenants : Michaël Bourgatte, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, France « L’exploitation cinématographique dite d’Art et Essai : une proposition alternative entre indépendance et dépendance » >>> Télécharger le texte de la communicationErik Hitters, Miriam Van de Kamp, Erasmus Universiteit
Rotterdam, Netherlands Bertrand Legendre, Université Paris 13 – LabSIC
- MSH Paris Nord, France Jacob Matthews, Université Michel de Montaigne
- Bordeaux 3, France Sophie Noël, EHESS, CSE, France |
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« L’exploitation
cinématographique dite d’Art et Essai : Michaël Bourgatte >>> Télécharger le texte de la communicationCes vingt dernières années ont été marquées par des mouvements de flux et de reflux au sein de l’exploitation cinématographique française, aussi bien en termes d’ouvertures et fermetures de salles qu’en termes de fréquentation. L’apparition des multiplexes - ou grands complexes multisalles - au début des années 1990 est le principal élément venant éclairer ce phénomène. Si leurs implantations massives ont permis au parc en salles de se redéployer et ont favorisé un nivellement par le haut des taux de fréquentation, cela s’est fait aux dépens d’une grande partie de l’exploitation cinématographique déjà en place. Dans ce contexte, le parc indépendant dit d’Art et Essai est celui qui s’est le mieux adapté aux bouleversements du marché, avec un taux d’établissements stationnaire (un peu plus d’un millier) oscillant entre 15% et 20% de l’ensemble du parc en salles français pour 15% à 20% de la recette totale issue de l’exploitation. Cette frange de l’exploitation doit son maintien à son engagement dans un processus d’opposition à l’uniformisation passant par une programmation particulière et une activité d’animation intense - notamment en direction du jeune public - soutenues par les instances française et européenne ainsi que par une part importante du public. L’avenir de l’exploitation cinématographique semble donc se dessiner sur un "duopole" avec d’un côté les grands complexes cinématographiques commerciaux et de l’autre, les salles indépendantes proposant films d’auteurs, cinématographies peu diffusées, animations particulières et participant activement au développement des politiques d’éducation à l’image. En cela, on peut véritablement parler de proposition « alternative », terminologie qu’il s’agirait d’ailleurs de substituer à celle d’« Art et Essai ». L’existence de cette alternative cinématographique se positionne dans une dialectique marquée à la fois par une indépendance revendiquée et par des formes de dépendance. Mais d’une dépendance réelle vis-à-vis des politiques gouvernementale, européenne et d’une mise en réseau, il se pourrait bien que l’on soit en train de glisser progressivement vers une relation d’interdépendance aux vues des responsabilités publiques croissantes que les établissements dits d’« Art et Essai » se voient accordées. Par ailleurs, cette frange de l’exploitation semble plus que
jamais dépendante de la fidélité qu’elle
est en mesure de générer à son égard.
Mais les enquêtes mettent à jour l’existence de
groupes de spectateurs organisés autour d’habitudes,
de codes et de pratiques et se sentant liés à ces établissements
d’Art et Essai. L’amour et la connaissance de types de
cinématographies donnés, le respect de certains principes
(comme voir les films en version originale) ou le sentiment de bien-être
généré par un lieu font que la plupart d’entre
eux restent attachés à "leur" établissement.
D’autre part, ils déclarent tous que la sortie au cinéma
dépend étroitement d’une volonté consciente
de se sociabiliser. Ces attentes et cette sociabilité particulière
que développent les spectateurs avec leurs pairs dans un établissement
donné nous conduisent alors à entrevoir une relation
d’interdépendance entre un lieu et son public. « Défier la suprématie
des labels majeurs ? Erik Hitters, Miriam Van de Kamp Paul Rutten, Selon la plupart des théories développées au sujet des industries de la culture, la diffusion mondiale de la musique serait contrôlée par les labels majeurs occupant des positions centrales dans le réseau mondial. Ces grands labels ont des avantages concurrentiels au niveau du marketing et de la production. Dans cette optique, les labels de petite taille manqueraient de moyens pour avoir du succès sur le marché international. La même chose vaudrait pour la musique populaire produite dans des pays relativement petits. Cet exposé examinera quelques développements actuels qui coupent avec cette logique. La plupart du temps, les labels indépendants sont d’une façon ou d’une autre intégrés dans la structure des majors. Ce sont alors les labels majors qui s’occupent de la distribution internationale tandis que les labels indépendants se limitent à lancer des artistes susceptibles d’avoir du succès. Aujourd’hui par contre, quelques entreprises indépendantes au sein des secteurs du rock et de la “dance” ont su commercialiser et diffuser leurs artistes avec succès. Par conséquent, ces maisons de disques indépendantes ne sont plus formellement associées aux labels majors. Cela pourrait indiquer que le développement des relations entre les labels majors et les indépendants entre dans une nouvelle phase. Cet exposé établit les différentes étapes de cette évolution au sein du secteur de la musique. A titre d’exemple du succès de ces entreprises indépendantes, nous citerons le groupe de rock écossais Franz Ferdinand ainsi que le DJ néerlandais Tiësto. De plus, nous soulignerons dans notre exposé le rôle primordial que jouent l’Internet et les réseaux dans le fonctionnement des labels indépendants. La base empirique de cet exposé est constituée par
des données concernant l’exportation de la musique des
Pays-Bas, les marchés de l’industrie musicale écossais
et néerlandais ainsi que par des entretiens avec des représentants
du secteur de la musique en Ecosse et aux Pays-Bas. Ces données
seront analysées pour étayer notre hypothèse
selon laquelle l’évolution des relations entre les majors
et les indépendants entreraient dans une nouvelle phase. Les
différentes étapes de cette évolution seront
illustrées en nous basant sur l’analyse de données
secondaires et de publications concernant les structures du marché
et de l’entreprise de l’industrie de la musique contemporaine.
« Majors, indépendants et alternatifs
: Bertrand Legendre >>> Télécharger le texte de la communicationCette contribution a pour objet d’étudier dans quelle mesure les mutations survenues dans la période récente (technologies, financiarisation, concentration, mondialisation) conduisent à remettre en cause la représentation et les modes d’échanges au sein de la filière. Elle se fonde tout d’abord sur le fait qu’il apparaît bien que le schéma classique de « l’oligopole et de la fourmilière » rend très imparfaitement compte d’une situation qui ne se réduit plus à un très petit nombre de très grands acteurs dominant un très grand nombre de petites structures. Si des écarts de taille existent bel et bien, il n’en est pas moins vrai que des logiques et des aspirations communes sont en partie partagées par des majors et certains « indépendants.» Il apparaît bien ensuite que nombre de nouvelles structures éditoriales font le choix de rester totalement en dehors des instances ou circuits professionnels, posant ainsi la question de l’articulation de la partie dominante de la filière avec sa propre « frange ». Ce double constat conduit lui-même à une réflexion
sur la capacité de résistance et de renouvellement
attribuée aux nouveaux éditeurs. Si, par le passé,
l’on a pu voir dans des structures comme Minuit, La Découverte,
Le Seuil, et dans les personnalités qui les ont dirigées,
l’expression d’une telle capacité, on ne peut
prendre l’alliance formée naguère contre la reprise
de Vivendi par Hachette pour autre chose qu’une solidarité éphémère
et de circonstance autour d’intérêts communs à certains éditeurs.
De même, tout laisse à penser que pour la nouvelle génération
d’éditeurs, le discours critique porte seulement sur
les mutations structurelles et économiques de la filière
sans jamais penser la fonction politique de l’éditeur
post-moderne. « L’industrie musicale à l’aube du XXIe siècle : nouveaux usages, nouveaux échanges ? » Jacob T. Matthews >>> Télécharger le texte de la communication
Cette communication présente des conclusions de recherches récentes portant sur les « musiques actuelles » et explorant les rapports entre marges et mainstream, tant du point de vue des structures « classiques » de production et de distribution de l’industrie musicale qu’en ce qui concerne les réseaux numériques de création et de diffusion musicale. Elle vise ainsi à contribuer à la compréhension des évolutions spécifiques aux usages et pratiques sur ces divers terrains, en interrogeant par ailleurs la portée de processus idéologiques sous-jacents, caractérisant l’ensemble de l’industrie musicale contemporaine. Seront explicités tout d’abord les résultats d’un ensemble de recherches empiriques menées au cours des cinq dernières années, ayant pour objet les discours et les représentations véhiculées au sein de milieux musicaux alternatifs, mais également parmi les protagonistes dominants de l’industrie phonographique. Ces études font apparaître de profondes convergences entre les productions idéologiques des multiples acteurs sociaux mobilisés dans ce champ. Ce phénomène peut être mis en parallèle avec le brouillage des fonctions ou des statuts traditionnellement réservés à ces différents acteurs, qui ne sont plus aussi clairement catégorisables qu’autrefois, en tant qu’émetteurs ou récepteurs, producteurs ou consommateurs, et qui apparaissent, de plus en plus, comme étant des « médiateurs » à part entière. Pour comprendre le sens que l’on peut donner à ces « médiations », plutôt que de se focaliser sur les nouvelles possibilités d’autoproduction ou d’autopromotion qu’offriraient les TIC numériques, il paraît opportun d’explorer la manière dont un ensemble croissant d’usages individuels ou collectifs de ces TIC – songeons aux réseaux d’échange de fichiers musicaux – contribuent à la création des nouvelles valeurs d’échange dont le système socio-économique, dans son ensemble, a besoin pour se reproduire. De plus, on peut mettre en évidence un certain nombre de tendances
qui semblent indiquer que la décentralisation matérielle
– observable, entre autres, avec le développement de
nouvelles formes de diffusion par réseaux P2P (au détriment
des formes traditionnelles de distribution) – s’accompagne
d’une plus grande centralisation idéologique ; la participation
« active » des usagers-médiateurs devenant une
condition toute aussi vitale pour le développement de l’industrie
musicale que la promotion médiatique ou les stratégies
de marketing impulsées par l’oligopole. « La petite édition indépendante face aux grands groupes ou le refus de l’uniformisation culturelle » Sophie Noël >>> Télécharger le texte de la communicationDepuis la fin des années 1980, une nouvelle « génération » de petites structures d’édition indépendantes et engagées dans le domaine de la critique sociale ou, au sens plus large, des essais de sciences humaines et sociales est apparue en France. La Fabrique, La Dispute, Agone, Le passant ordinaire, Raisons d’agir … autant de noms d’éditeurs qui ont fait leur apparition sur les tables des libraires et qui ont su pérenniser leur activité. Si le phénomène n’est historiquement pas nouveau, il s’inscrit aujourd’hui dans un contexte de concentration et de rationalisation inédite du champ de l’édition et de son apparente perte d’autonomie par rapport au champ économique. Malgré leur faible importance économique et leur fragilité financière, ces petits et micro-éditeurs, jouent un rôle symbolique important tout en cristallisant de manière exacerbée les contradictions d’un secteur écartelé entre « l’art et l’argent », entre le commerce et la culture. Confrontés à un marché polarisé entre deux grands groupes dominants et une poignée d’éditeurs de taille moyenne s’appuyant sur de puissants outils de diffusion et de distribution, la position de ces éditeurs est des plus fragile. Reposant sur des formes plus ou moins poussées d’auto-exploitation et de bénévolat, ils bénéficient cependant d’atouts non négligeables : un réseau de librairies indépendantes actif, des subventions publiques, ainsi que le développement de nouveaux canaux de distribution. A partir d’entretiens approfondis avec une vingtaine d’éditeurs, mais aussi libraires et diffuseurs, cette présentation s‘efforcera d’analyser la façon dont ces petites structures artisanales se positionnent par rapport aux grands groupes dont elles entendent se démarquer au nom d’une forme d’édition « différente » qu’il conviendra d’appréhender, en s’attachant à l’articulation entre capital symbolique et capital économique. Quelles sont les contraintes pesant sur ces structures à l’heure de la concentration accélérée ? Quelles stratégies et pratiques mettent-elles en œuvre ? Tenter de répondre à ces questions devrait permettre d’évaluer leur capacité d’adaptation à un secteur en perpétuelle mutation.
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