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«Les
produits et services éducatifs : quels enseignements pour
la recherche sur les industries culturelles et les industries de
l’information et de la communication ?»
Yolande Combès
Paris 13, LabSIC, MSH Paris Nord, France
Pourquoi les recherches concernant les modes d’industrialisation
et de valorisation propres aux dispositifs technologiques dans les
secteurs de la formation et de l’éducation peuvent interroger
les mutations intervenant dans les secteurs des ICIC ?
L’observation des dispositifs d’universités virtuelles,
des campus numériques, de e-learning conduit à considérer
avec intérêt des voies alternatives, éloignées
des idées le plus souvent avancées : soit de changements
radical (remplacement du professeur par la machine), soit de
filiations par rapport aux approches classiques (la classe). Ces
deux voies sont expérimentées mais s’avèrent
improductives car elles ne génèrent pas d’usages
suffisants ou vont à l’encontre d’utilisations
pertinentes des potentialités techniques offertes ou de recherche
de performativité.
Les exigences du processus de formation (nécessaire ajustement à l’apprenant,
hétérogénéité des prestations
et des publics rendant l’effet de masse incertain, prestations
ne pouvant se réduire à la production industrielle
d’objets, habitude de gratuité de ces secteurs, multi-dimensionnalité de
l’acte et du système éducatif) obligent les acteurs
investissant les technologies éducatives à affronter
nombre de problèmes que se posent certains industriels des
ICIC aujourd’hui. Les expérimentateurs recherchent en
effet des configurations inédites qui marient deux modèles
industriels à l’origine distincts à savoir :
le processus de production de ressources éditées influencé par
les modèles des industries culturelles et le processus de
médiations par ceux des services, dans le but de faire émerger
un nouveau modèle éducatif virtuel tenant compte des
deux.
Quatre tendances se dégagent, qui quoique non abouties et,
souvent, à peine émergentes, ouvrent des perspectives
nouvelles :
- Formation à la carte, fondée idéalement
sur l’activation de l’autonomie de l’apprenant
par les TIC. Cette solution correspond à des choix qui touchent
toutes les variables du dispositif : degré d’ouverture
de la ressource, degré de décision laissé à l’apprenant,
remédiation à offrir, type d’agencement (sur
mesure de masse) à prévoir afin de permettre des
parcours personnalisés de la personne.
- Recherche de formes de réflexivité inédites,
qui suppose le développement d’ingénierie de
médiation à partir d’artefacts, qui ouvrent
des possibilités d’action, tant en amont du côté de
la conception, qu’en aval du côté des pratiques
d’apprentissage. Ces formes de réflexivité sont
fondées sur la remontée de l’usage dans le
processus de conception, et sur l’expérimentation
des relations d’apprentissages collaboratifs.
- Mutualisation, ce cadre communautaire de production distribution
de ressources pédagogiques fondé par des enseignants
(ex. Sesamath) s’affranchit du secteur de l’édition
scolaire et ouvre la perspective des « Creatives Commons » empruntant à l’esprit
du logiciel libre et s’inscrivant dans une économie
solidaire.
- Assistance généralisée, l’articulation
des modèles des industries culturelles et des modèles
d’industries des services oblige à repenser les modes
de valorisation : le paiement à la prestation (modèle
du courtage), qui a pu être décelé dans le
champ de la formation, semble adaptée à une assistance
prolongée dans le temps.
Recherches conduites
depuis plus de 15 ans par nous même et par les membres
du séminaire « industrialisation de la formation » créé en
1991 par P. Moeglin et E. Fichez
«Les transformations
du champ cinématographique en France »
Julien Duval
CNRS, Centre de sociologie européenne, France
Cette communication repose sur une analyse du cinéma français
au début des années 2000. Le cinéma français
est un espace diversifié. Il peut être analysé comme
un continuum entre un pôle commercial et un pôle plus
autonome. Au pôle commercial, les productions aspirent à un
succès large et immédiat. Au pôle plus autonome,
les films s’adressent (au moins à court terme) à un
public restreint, mais ils peuvent faire l’objet d’une
forte reconnaissance symbolique auprès de la critique ou des
festivals les plus prestigieux. Mais le cinéma français
est aussi une industrie culturelle caractérisée par
une dépendance structurale à l’égard du
cinéma américain et des médias de grande diffusion.
Par conséquent, depuis les années 1970, il a été affecté par
les transformations de Hollywood et par la montée en puissance
des chaînes de télévision privées en France.
Ces transformations ont eu des répercussions sur les structures
du cinéma français. Elles ont renforcé les logiques
commerciales et fragilisé le secteur le plus autonome.
«« La
nouvelle définition dominante de l’« actualité » internationale.
L’exemple des chaînes de télévisions
françaises généralistes »
Dominique Marchetti
CNRS, Centre de sociologie européenne, France
La baisse relative de la « politique étrangère » dans
les journaux des trois principales chaînes de télévision
françaises (TF1, France 2 et France 3) est un révélateur
des transformations du traitement et de la place de l’information
internationale au sein des médias nationaux généralistes
depuis la seconde moitié des années quatre-vingt. Cette
recherche a pour objet de décrire et d’expliquer ce
processus de déclin de la médiatisation des activités
politiques étrangères ou diplomatiques les plus institutionnelles
(sommets internationaux, élections européennes ou
nationales, activité des partis politiques, politiques publiques,
etc.). Le poids croissant des logiques économiques et professionnelles
dans la production de l’information internationale au détriment
des logiques politiques traditionnelles, la réorganisation
du fonctionnement des chaînes de télévision françaises
et des facteurs externes touchant les espaces politiques et sociaux
permettent de rendre compte de ce phénomène.
« Structure
de l’entreprise et évolution des contenus : l’exemple
des éditions du Seuil »
Hervé Serry
Université Paris 8, CNRS, Culture et société urbaine,
France
EN ATTENTE
« La télé-réalité au
coeur des mutations du système télévisuel. Le cas
nord-américain »
Gaëtan Tremblay
GRICIS, Université du Québec à Montréal, Canada
>>> Télécharger le texte de la communication
Le système télévisuel actuel est certes
fort différent de celui de la fin des années 70. Depuis
lors, il a dû et doit encore affronter des défis majeurs,
tels que l’expansion des possibilités de transmission
et la croissance conséquente de l’offre de produits et
services, l’avènement de la microinformatique grand public,
la reréglementation du secteur, la marginalisation du service
public, l’expansion fulgurante de l’internet, la concurrence
accrue pour l’obtention des recettes publicitaires. Malgré tout,
la télévision reste le média dominant dans l’ensemble
des pratiques culturelles de la grande majorité de la population.
La faveur que connaît depuis quelques années la télé-réalité,
dans ses diverses manifestations, la révèle comme un
objet privilégié pour analyser tout à la fois
les difficultés auxquelles se butent les entreprises télévisuelles
et les stratégies qu’elles cherchent à déployer
pour essayer de les surmonter. En ce sens, la télé-réalité se
présente comme un puissant révélateur des mutations
en cours dans les systèmes télévisuels.
Il faudrait se garder de réduire toute la stratégie
des chaînes de télévision à la seule télé-réalité.
Elle en constitue certes une pièce maîtresse mais elle
n’en est pas la seule. L’analyse de la stratégie
d’ensemble exigerait la prise en considération, entre
autres, de la politique d’information, d’acquisition
de produits et de production maison. Nous chercherons toutefois à montrer
comment ce genre protéiforme de la télé-réalité constitue
une tentative de réponse exemplaire aux défis que doivent
relever les chaînes de télévision, en particulier
les chaînes généralistes. |